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Lucile Robichon : une reconversion réussie dans un métier d’avenir !

1001 Parcours s’engage pour la mixité dans tous les secteurs professionnels, et particulièrement dans ceux encore largement masculins. Grâce à la formation et à l’apprentissage, de plus en plus de jeunes femmes osent franchir le pas et s’engager dans des métiers d’avenir, où leurs compétences sont essentielles. Pourtant, les stéréotypes restent présents, et il est important de valoriser ces parcours inspirants qui montrent que toutes et tous ont leur place dans ces filières techniques et innovantes.

Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir l’histoire de Lucile Robichon, une jeune femme déterminée qui a choisi de se former dans un domaine technique encore peu féminisé. En BTS Fluide, Énergie et Domotique (FED) option Génie Climatique et Fluidique, elle a pour ambition de devenir technicienne de bureau d’étude et effectue son apprentissage dans l’entreprise Michel Boissinot. À travers cette interview, elle partage son parcours, ses motivations et sa vision du métier, prouvant ainsi que la mixité est un enjeu essentiel pour les métiers de demain.

 

Bonjour Lucile, merci d’avoir accepté de répondre aux questions de CCI France. Nous sommes ravis de pouvoir mettre en valeur un profil comme le vôtre. Pourriez-vous commencer par vous présenter brièvement ?  

Je m’appelle Lucile Robichon, je suis de Cholet. Je suis actuellement en reconversion à Eurespace – La CCI de Maine-et-Loire où je me forme via le BTS FED (Fluide Energie et Domotique) Option A Génie Climatique et Fluidique. Auparavant, je suis sortie d’un bac général Économique et Sociale, puis je me suis tournée vers les métiers de la cuisine par goût de ce monde-là. Après cela, ma compagne ayant un projet de micro-ferme, je voulais pouvoir être utile alors j’ai suivi la formation BPREA (Brevet Professionnel de Responsable d’Entreprise Agricole) avec une spé Maraîchage Bio.

 

Quel est le métier que vous préparez et qu’est-ce qui vous a conduit vers ce métier ?

Le métier que je vise en premier lieu est Technicienne de bureau d’étude CVC (Chauffage, Ventilation et Climatisation). Il consiste à réaliser l’ensemble des plans et des dimensionnements grâce aux cahiers des charges afin que le réseau soit fonctionnel, économique et efficace.

 

Comment avez-vous choisi ce secteur ? Avez-vous toujours eu un intérêt pour ce domaine, ou est-ce une vocation plus récente ?

C’est vrai que ce milieu logique, technique, c’est quelque chose de très stimulant pour moi donc aller vers ce métier me paraissait naturel une fois que le choix était devant moi. Mais je ne pense pas que j’y serais allée de moi-même. Je pense que je ne savais même pas que ce métier existait, pour dire…

 

Un événement ou une personne a-t-il joué un rôle déterminant dans votre choix ?

Absolument, j’ai eu le privilège d’avoir mon grand frère qui est chargé d’affaires dans les fluides en Guyane. Et c’est grâce à lui que j’ai mis les pieds dans ce monde. Un jour, il m’a dit qu’il aimerait qu’on ouvre une petite entreprise familiale, on ferait des études, lui l’ingénierie et moi le travail chronophage qui ne demande pas trop d’études. Et puis ça m’a tout de suite plu, et je voulais en comprendre plus, « pourquoi on passe le tuyau ici et pas là », « comment tu sais qu’il faut telle puissance » …

 

Quel regard ont porté votre entourage (famille, amis) sur votre choix ?

 Ils avaient confiance mais je pense qu’ils ont quand même cette petite peur qu’en tant que femme je puisse paraître moins crédible auprès de certains acteurs du milieu. Mais l’idée c’est de faire ses preuves.

 

Aviez-vous des modèles féminins en tête ou connaissiez-vous des femmes qui avaient déjà exercé ce métier et qui vous ont encouragé à faire ce choix ?

Non malheureusement.

 

Aujourd’hui qu’est-ce qui vous plaît dans le métier de technicien de bureau d’études ?  

J’aime la logique de ce métier, j’aime commencer un projet et travailler pour comprendre un maximum les possibilités, les limites du réalisable, les demandes du client… J’aime aussi l’ambiance de travail. Dans mon entreprise, j’ai la chance de pouvoir poser plein de questions et il y a toujours quelqu’un à même de me donner du temps pour m’expliquer. Je vois que même les chargés d’affaires s’entraident beaucoup. Par exemple, il y a beaucoup d’électricité dans le cvc, donc il y a souvent une entraide avec les chargés d’affaires en électricité. Il y a un vrai esprit d’équipe.

 

Vous suivez une formation en apprentissage. Cela signifie que vous suivez une formation « en classe » au centre d’apprentissage et une formation en entreprise. C’est une charge de travail importante. Pourriez-vous me parler plus précisément de la manière dont la formation est organisée ?

La formation est organisée de manière à presque diviser le temps par deux : deux semaines en entreprise et deux semaines à la CCI. Et pendant les vacances scolaires nous sommes en entreprise. Même si deux semaines peuvent paraître courtes pour suivre un projet (ce qui est vrai),  ça permet quand même d’équilibrer le temps de formation théorique et pratique. Personnellement, j’aime bien cette organisation.

 

Comment s’organise votre temps de formation et votre temps en entreprise ?

Pendant le temps de formation à Eurespace, nous allons avoir des cours tout au long des deux semaines et souvent, à la fin de ces dernières, nous avons des contrôles dans beaucoup de matières. Nous avons aussi un nombre de TP à réaliser la première et la deuxième année.

Lors du temps en entreprise, je vais effectuer des tâches différentes données par mon tuteur. Je peux aussi aller sur chantier pour travailler avec les équipes de terrain ou aller avec un chargé d’affaires pour des rendez-vous ou autre.

 

Comment gérez-vous la charge de travail et la combinaison des deux composantes de la formation ?

Je pense que c’est le plus compliqué, ce BTS existe aussi en formation initiale (uniquement en centre de formation) et comme nous passons plus de la moitié du temps en entreprise, l’ensemble des savoirs à acquérir est très condensé dans les cours.

Il ne faut pas se laisser dépasser par la vitesse parce que je pense que rattraper un retard peut être très délicat. Après, c’est une super chance d’apprentissage et financièrement c’est rassurant. Personnellement, à mon âge [28 ans], je n’aurai pas pu reprendre les études sans ce salaire.  Mais c’est vrai qu’en plus de la semaine de travail, que ce soit en centre ou en entreprise, un travail personnel à la maison est important pour engranger tout ce savoir.

 

Pourriez-vous me parler de l’entreprise dans laquelle vous travaillez ? Avez-vous rencontré des difficultés pour trouver puis intégrer une entreprise ?

Après avoir eu un avis favorable pour suivre le BTS, j’ai fait un point sur l’ensemble des entreprises possibles autour de moi. J’en avais sélectionné deux qui m’intéressaient particulièrement, Michel Boissinot et une autre. Je suis quand même allée aux journées job dating organisées par Eurespace. J’ai eu des entretiens mais je voulais tout de même jeter ma pièce avec ces deux entreprises.  J’ai réussi à avoir un entretien dans l’entreprise Michel Boissinot et j’ai eu la place. J’étais très contente. Je pense qu’en s’y prenant tôt trouver une entreprise qui nous convient est très faisable.

 

Comment se passe votre intégration dans la classe en formation et en entreprise ? Comment cela se passe avec les autres élèves, collègues ? Êtes-vous nombreux en reconversion ?

Pour la formation, très bien, j’avais peur de la différence d’âge et du fait qu’il y ait très peu de filles mais au final tout le monde est très gentil et on a un bon esprit de classe. Il doit y avoir 3 ou 4 personnes sur 16 en reconversion et un peu plus âgés aussi.

L’équipe des formateurs est aussi super, ils cherchent vraiment à nous aider et nous faire évoluer. En entreprise, l’ensemble des équipes sont super accueillantes donc une super intégration !

 

Quelles sont vos plus grandes satisfactions ou fiertés dans votre parcours jusqu’à présent ?

Plus jeune, la scolarité et moi, ça faisait deux, je n’aimais pas ça et je n’avais pas de bonnes notes. Ma grande fierté est de n’avoir pas laissé cette croyance d’être une mauvaise élève m’empêcher de reprendre des études.

 

Enfin si vous deviez donner quelques conseils à une jeune femme qui hésite à s’engager dans une voie similaire, que lui diriez-vous ?

Je voudrais lui dire que je comprends cette peur à se lancer dans une filière comme celle-ci, je l’ai eu, mais au final il y a de très grandes chances que ça marche et que ça lui plaise beaucoup. Et que l’on va dans le bon sens, de plus en plus de jeunes femmes ouvrent ces portes, il suffit de comprendre qu’on a tout à fait nos places dans ces études et dans ces métiers.

 

A termes, quels sont vos projets ?

J’aimerais devenir chargée d’affaires par la suite et peut-être un jour me tourner vers expert en bâtiment. C’est ce qui est bien dans ce milieu, beaucoup de choix s’offrent à nous au fil des années.

 

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